Les Sables de l’Amargosa

Portrait de Adminloc

Notre avis :

 Dans ce roman d’anticipation, Claire Watkins fouille le filon de la littérature post-apocalyptique, même si, dans son scénario, l’apocalypse est en cours. Le monde qu’elle imagine a sans doute déjà commencé à exister.

         Le désert avance dans le sud-ouest des États-Unis, la Californie s’est vidée de la plupart de ses habitants, chassés par le sable et la sécheresse. Seule subsiste une poignée de marginaux vivant dans les égouts, ou dans les villas abandonnées, s’adonnant à de vaines danses de la pluie.

Ray (déserteur et poète) et Luz (mannequin pour publicités) après avoir enlevé un bébé à une bande de marginaux, vont tenter l’exode vers l’Est, où selon la rumeur, survit une colonie autour d’un sourcier charismatique.

L’auteure explore le genre avec inventivité et ténacité. Ses descriptions sont implacables et la typologie de ses personnages, fidèle au genre, permet une réflexion universelle sur la condition humaine.

 

«  Les nuits étaient belles à faire peur, pleines d’énormes étoiles tapageuses, certaines agglutinées dans une diagonale éclatante qui déchirait le dôme noir. Sacajawea aurait su dire leur nom. Le sable blanc des dunes capturait le clair de lune. Impossible de croire qu’elles avaient toujours été là. Il y avait régulièrement des météores et Luz les guettaient tout en imaginant le retour de Ray, car, petite fille, on lui avait dit que ce à quoi on pense au moment où on voit une étoile filante advient nécessairement. C’était une stratégie risquée, car son esprit sautait sans permission de Ray secoué par la piste dans un camion de la croix rouge à Ray flottant sur le ventre dans un bassin de souffre, le corps enflé. »

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